9/07/2017

Fig, strawberry, honey and basil salad | Salade d'été aux figues, fraises, miel et basilic




La nuit approchait, elle venait embrasser le soleil, comme pour lui dire de se retirer et laisser à la lune son tour de briller, d’allumer les voûtes astrales. Le sable était désormais frais sous nos pieds. Fin, il glissait entre nos orteils, caressait nos peaux dorées. La lagune était tel un drap de soie, ondulant avec délicatesse depuis l’horizon jusqu’à nous. Sa surface laissait admirer le reflet des brumes éparses, ses plis se voulaient sensuels, tout en volupté. Il y avait ces voiles, comme des mouchoirs, qui s’agitaient au passage des embruns. Et cette légère brise qui portait en son creux les parfums d’hortensia, de laurier et d’aster, émanant des jardins contigus.

La lune était argentée, comme une agate blanche suspendue à un fil imaginaire. Sa robe éclatante miroitait dans l’eau au calme olympien. Aucun bruit sauf celui des clapotis. Pas une silhouette alentour, nous étions seuls avec pour spectacle l’immensité. Les étoiles dansaient dans le ciel, véritable ballet de corps célestes s’exécutant à d’imaginaires arabesques,  entrechats et pirouettes.

Nous décidions alors d’agrémenter ce spectacle, de lui donner sa particularité. Délicatement, nous dépliions ces bulles de papier de soie, du bout des bras nous leur faisions prendre toute leur ampleur en invitant le vent à s’y engouffrer. Puis avec toute la dextérité que l’exercice requérait, nous allumions leur base. L’air chaud gonflait ces ballons qui soudainement s’élevaient dans l’atmosphère. Ils rejoignaient nos danseuses, s’invitaient au bal, portés par nos vœux et espoirs profonds. Nos regards fixaient ces points incandescents jusqu’à ce qu’ils s’échappent vers les coulisses, un bref salut lancés à notre intention. Les filantes firent leur entrée sur scène, époustouflantes, elles traversaient les cieux arqués avec précipitation, suivies par des étincelles, nous avions le final tout en élégance, en reflets opalins, la troupe riait, virevoltait à nous en faire tourner la tête. Les nuées, tels des jupons de tulle fin et fluide, se déplaçaient en cadence  et fermaient le mouvement.

Vint alors l’heure de baisser le rideau, de laisser aux étoiles le temps de se retrouver pour rejouer, peut être demain, leur pas de bourrée. Nous tournâmes alors le dos à l’océan et en silence nous reprîmes le chemin de la maison, éclairés par nos rêves à n’en plus finir.


INGRÉDIENTS POUR 4 PERSONNES :

12 figues de taille moyenne
150 g de fraises
250 g de ricotta
50 g de pignons de pin
Quelques feuilles de basilic
Un peu de miel

PRÉPARATION : 

1. Laver et couper les figues en deux ou en quatre selon leur grosseur. Faire de même avec les fraises.

2. Disposer les figues et les fraises dans quatre assiettes, ajouter quelques billes de ricotta (formées à l'aide de deux cuillères à café). Parsemer de petites feuilles de basilic et de pignons de pin. Agrémenter de miel à souhait.




8/16/2017

Oréo® cookies and cream cake | Layer cake aux biscuits Oréo® et crème vanillée



Il en était ainsi, comme l’année passée, un retour aux sources s’imposait. J’aimais me laisser bercer par le ballottement du train, la tête appuyée contre la vitre sur laquelle venaient s’écraser de lourdes gouttes de pluie. Les paysages défilaient, en mouvement, changeants. Mon regard suivait leurs courbes sans prêter plus attention. Je me projetais déjà, dans ce cocon qui m’attendait, où la vie se voulait plus lente, la foule plus disparate et le rythme au ralenti, freiné par un mois d’août qui encourageait les familles à quitter leur nid douillet pour peupler le littoral. Ces dernières allaient parcourir des kilomètres de digues, déployer leur parasol sur les plages bondées, s’enduire de crème solaire au parfum particulier de tiaré ou de vanille, quand j’allais profiter égoïstement des rues de cette ville qui m’est si familière, qui m’a vue grandir. J’allais pouvoir me lever aux aurores, pousser discrètement la porte vitrée du salon, sentir la rosée du matin sous mes pieds pour rejoindre la terrasse en bois.

La végétation y était désormais plus dense : les plans de tomates pliaient sous le poids des fruits, la menthe poivrée embaumait, et le mûrier laissait deviner de riches grappes noires aux reflets vermeilles. Les heures s’allongeaient sans précipitation aucune, si je tendais l’oreille je pouvais percevoir le tintement des secondes.
La récolte de groseilles était la promesse de confitures. Leur pulpe était rouge vif et toujours sur la langue cette acidité particulière que le sucre viendra adoucir. Je compte les bulles en surface, j’écume, je patiente et je rie. Un éclat de rire qui ricoche dans toutes les pièces de la maison. Maman n’est pas loin, c’est certain, et une fois encore joue avec les mots, nous nous gondolons.

Puis viens l’appel des amis restés ici. Les épisodes tordants d’une grande surface désolée, où les clients sont comme perdus entre petits pois et brochettes. Les jeux dans l’herbe, et quand viser devient complexe tant l’hilarité et le rosé brouille notre vision. Les discussions à bâtons rompus en bord de piscine nous maintiennent éveillés jusque tard dans la nuit. Elles prennent des tournures tout à fait inattendues, fantasmagoriques. L’eau est plus chaude que la température extérieure et nous décidons d’y laisser nos corps s’allonger en surface, nous sommes bercés par son doux clapotis. Un dernier verre et nous nous dirigeons nonchalamment vers nos nuages de coton et de plumes.

La vie se déploie ainsi, au gré des envies. Les journées se veulent désormais plus radieuses et je découvre une nouvelle maison. Elle est assise sur son terrain de gravier, solide, puissante. Dans son jardin des arbres centenaires et au fond un bois. Elle a un vécu, une histoire. Ses murs, s’ils le pouvaient, parleraient. Nous nous installons dehors, nous nous amusons à nous faire des frayeurs quand l’obscurité vient nous envelopper. Puis le calme revient, c’est une nuit claire. Nous sommes le nez collé aux cieux et soudainement émerveillés par la pluie d’étoiles filantes. Elles dansent, aussi brillantes que des perles, elles déchirent la nue de leur éclat, il y en a tant que les vœux viendraient à manquer… Nous voilà comme des gosses, époustouflés, sans voix devant la parade de l’immensité.  Le silence se fait, nous restons solidarisés par la quiétude du moment. Nous attendons demain en flânant gentiment.




INGRÉDIENTS POUR UN GÂTEAU DE 12 PARTS :

Pour les génoises au chocolat :

250 g de farine
70 g de cacao en poudre
1 ½ cuill. à café de levure
1 cuill. à café de bicarbonate de soude alimentaire
¾ cuill. à café de sel fin
12 cl d’huile de raisin
250 g de sucre en poudre
2 gros œufs
1 cuill. à café d’extrait de vanille liquide
½ cuill. à café d’extrait d’amande amère
18 cl de lait entier
24 cl de café chaud

Pour la garniture (et une partie du glaçage) :

250 g de beurre doux pommade
350 g de fromage frais
400 g de sucre glace
1 cuill. à café d’extrait de vanille liquide

Pour le glaçage :

10 biscuits Oréo®

PRÉPARATION :

1. Beurrer et fariner trois moules à charnière de 20 cm de diamètre. Préchauffer le four à 180°C.

2. Dans un saladier, mélanger la farine, le cacao, la levure et la bicarbonate de soude et le sel. Réserver.

3. Dans un autre saladier mélanger l’huile, le sucre en poudre puis ajouter les œufs un à un. Incorporer la vanille et l’amande. Ajouter progressivement la farine en alternant avec le lait. Ajouter le café chaud et répartir le mélange dans les 3 moules à charnière. Faire cuire 25/30 minutes puis laisser refroidir 15 minutes avant de démouler et laisser complètement refroidir sur une grille.

4. Réaliser la garniture : mélanger au fouet le beurre pommade et le fromage frais. Monter cette crème avec le sucre glace et ajouter la vanille. Réserver.

5. Monter le gâteau : sur une couche de génoise déposer l’équivalent d’une cuillère à glace de garniture à la vanille, recommencer l’opération avec la seconde génoise puis déposer la troisième génoise.


6. Mixer les biscuits à l’aide d’un robot et incorporer cette poudre à la garniture restante. Répartir ce glaçage uniformément sur l’ensemble du gâteau à l’aide d’une spatule coudée.



7/23/2017

Strawberry shortcake in a jar | Génoise, crème de mascarpone au miel et fraises Mara des Bois




Je m’étais levée tôt, avant même que le soleil ne fasse jouer ses rayons dans l’arbre dont on devinait la silhouette dans les interstices des volets persiennes. Les cigales ne chantaient pas encore, la nature était en doux éveil, seule la cafetière à piston, encore tiède et posée sur la table de la cuisine, laissait deviner qu’une âme plus matinale encore s’était glissée dans la cuisine quelques instants plus tôt.
Je me faufilais dehors. Je sentais sous mes pieds nus les dalles de pierre fraîche, je percevais le bruit singulier du frottement de peau sur cette roche polie. De ma tasse de thé, émanaient des parfums de bergamote et qui, s’en échappant, se mêlaient à l’odeur d’une garrigue environnante. Pins d’Alep, lavande, bois d’olivier, l’alchimie faisant, cette luxuriante végétation, enracinée dans les calcaires alentours, s’invitait olfactivement pour le petit-déjeuner.
Tel un chat, je m’installais sur la chaise, en boule et j’écoutais le silence du hameau. Mon regard s'arrêtait sur chaque détail que le tableau avait à offrir : les nervures des feuilles de laurier, le linge que la chaleur avait rendu un peu rêche et s'enroulant autour d'une corde raide, les brindilles de bois se mélangeant à un gazon brûlé par endroit...  J’imaginais le geai, qui semblait avoir fait son nid à quelques battements d’ailes d’ici, sortir de ses plumes et dévoiler ses nuances bleu de Prusse, gris perle, noir de jais.
Le figuier, venait, de ses longues et lourdes branches, habiller la terrasse, lui donner des airs de jungle domestiquée. Ses fruits, prématurément tombés, jonchaient le sol de couleur bisque, le mouchetant de vert empire, comme une peinture impressionniste, comme un pied de nez au naturalisme de Van Gogh qui chérissait la Provence.
Tout ici était calme et volupté, le sommeil se dérobait lentement, laissant chaque membre de mon corps s’animer avec préciosité. Je sentais l’air chaud frôler ma nuque, et jouer dans les quelques mèches dorées s’échappant d’une attache faite à la hâte. Le vent rasait la surface indigo  de la piscine, dans laquelle je plongeais ma main, je jouais à faire des ronds, des ploufs et des sauts de puce du bout des doigts. J’étais happée par les mouvements de l’eau, ses ondes rapprochées qui progressivement  s’évanouissaient dans cette masse chlorée. J'essayais tant bien que mal de me concentrer sur ma lecture mais une fois encore, je me surprenais à relire pour la troisième fois la même ligne, les mêmes mots. Non, le ciel attisait trop ma curiosité, les branches des palmiers dansaient avec les zébrures de kérosène. Je me surprenais à tourner sur moi-même, à laisser tout mon être tanguer délicatement sur un fil imaginaire. Je laissais mon dos se cambrer, la tête me tournait un peu, comme c'était euphorisant.  Je fermais les yeux et revoyais cet impressionnant château d’Aiguines, cerné de vignes et dont l’imposante tourelle laissait échapper les notes des Gnossiennes d’Erik Satie. Les flots azuréens du Lac de Sainte-Croix s’invitaient dans ma rêverie, les montagnes émeraude, leurs senteurs singulières de thym et de glaise. Les eaux cristallines débordaient, elle s'engouffraient en rigoles dans les volumétries variables  de ce vertigineux panorama. J'entendais son rire, ses plics et ses plocs, sa course effrénée le long des écorces et des terres argileuses. 
Je devinais alors les premiers bruits de la maison, un drap que l’on dégage d’un corps encore engourdi,  un rideau que l'on tire, une porte qui s’ouvre… Ma quiétude allait être troublée. Peu m’importait la part de rêve était ici, en ces lieux, surtout éveillée. J’allais continuer de collectionner les instantanés de vie, les photographier d’un battement de paupières pour mieux les raconter aux étoiles quand le ciel ce serait rendormi. 


INGRÉDIENTS POUR 2 GROSSES VERRINES (ou 4 petites)

Gâteau au yaourt :

1 pot de yaourt
2 pots de sucre en poudre
3 œufs
½ pot d’huile neutre (ou d’olive)
3 pots de farine avec levure incorporée

Crème de mascarpone au miel :

250 g de mascarpone
60 g de miel
1 pincée de vanille en poudre

Pour la garniture aux fraises et le coulis de fraises :

500 g de fraises mara des bois
1 citron vert
1 cuill. à soupe de sucre en poudre

PRÉPARATION :

1. Préparer le gâteau au yaourt :
Préchauffer le four à 180°C.
Dans un saladier mélanger le yaourt avec le sucre et les œufs. Ajouter l’huile puis la farine avec levure incorporée. Beurrer et fariner un moule à cake, verser la préparation au yaourt dedans puis faire cuire 30/35 minutes. Sortir du four, laisser refroidir et démouler. Découper quelques tranches puis les hacher finement en morceaux.

2. Préparer la crème de mascarpone :
Dans un saladier battre le mascarpone à l’aide d’un fouet électrique, ajouter les 60 g de miel puis une pincée de vanille en poudre. Réserver au frais.

3. Préparer le coulis de fraises et les fraises :
Laver et équeuter les fraises, réserver 250 g  pour le dressage en verrine. Mixer les 250 g restants avec le jus de citron vert et 1 cuillère à soupe de sucre.

4. Dresser les verrines :
Dans le fond des verrines répartir la moitié du gâteau au yaourt finement haché. Déposer de la crème au mascarpone au miel, ajouter les fraises puis un peu de coulis. Renouveler l’opération une fois.

Réserver au frais jusqu’au moment de servir.







5/14/2017

Black tea cake with chantilly and cherry jam | Cake au thé noir, chantilly et confiture de cerises noires



C’était une vraie célébration quand venait l’heure du thé à la maison. Souvent, elle avait lieu le dimanche, quand toute la maison vaquait à ses occupations respectives. Selon qu’il faisait beau ou mauvais, mes frères parcouraient des kilomètres de pelouse, se couraient après et beuglaient des âneries, c’était à celui qui obtiendrait les rires les plus tonitruants. Parfois, je voyais les cimes des arbres sa balancer de droite à gauche, et je surprenais une tête farouche en sortir. Là encore c’était une compétition : lequel des deux plus grands tutoierait les cieux ? Le plus petit, quant à lui, se contentait d’observer, les yeux comme des billes, curieux des singeries battant leur plein en altitude.
Pendant ce temps, je restais dans ma chambre à écouter l’écho de leurs jeux, le regard perdu dans les interstices de lambris habillant le mur. Ou bien j’étais assise au milieu de tous mes compact disc, j’hésitais longuement avant d’ouvrir délicatement un boitier et positionner le disque dans son lecteur. Je refermais lentement le capot et j’entendais alors les premiers tours, je devinais que ça tournait sacrément vite là-dedans. Je m’imaginais toute petite, assises sur ces pistes, comme Alice aux Pays des Merveilles, je faisais partie toute entière de la musique.
L’heure tournait et je savais que vers dix-sept heures je pouvais dévaler l’escalier pour déranger Maman. Je savais que j’aurais au moins trente petites minutes pour nous, pour lui raconter tout ce qui anime une gamine de quinze ans. Je la surprenais souvent entre deux bannettes de linge, aussi hautes qu’elle, ça sentait bon l’adoucissant, il y faisait chaud dans le bureau, comme une énorme boule de coton dans laquelle, tel un matou, on se serait roulé. Je me glissais alors dans la cuisine et c’était à chaque fois le même cérémonial : dans un premier temps l’eau que je faisais bouillir, ensuite les tasses que je sortais du vaisselier qui fleurait bon le pin fraîchement ciré. Les tasses devaient toujours être les mêmes sans quoi le thé, lui, aurait été différent. J’allumais ensuite une bougie et je m’évertuais à dénicher quelques biscuits qui n’auraient pas été dévorés par la fratrie à la suite de leurs exploits. Je sortais la théière et je remplissais un sachet de thé noir, parfumé à souhait : bergamote, citron, zeste d’orange, tout pourvu qu’il soit chaleureux. Je versais l’eau fumante dans les tasses, je disposais deux petites cuillères à droite de chacune, je donnais un dernier coup d’œil au dressage puis j’appelais Maman. Je m’installais confortablement sur le tabouret haut et faisais tournoyer ma cuillère dans les abysses du petit bol. Je plongeais mon biscuit dans cette jolie teinte cuivrée puis je mordais à pleines dents le beurre, la farine, le sucre qui composait ce petit shortbread. Je fermais les yeux, tout était parfait, et alors je pouvais livrer tous mes secrets : ils étaient bien gardés dans cette bulle de bonheur…

INGRÉDIENTS POUR UN GÂTEAU DE  8 PARTS :

Ce gâteau a été réalisé avec un thé que j’affectionne tout particulièrement « Grand Goût Russe », 499 de chez DAMMANN FRÈRES. Il est aromatisé au citron caviar, à l’huile essentielle de bergamote, aux écorces de bergamote et aux pétales de fleur.  

Pour les génoises :

250 g de beurre pommade
250 g de sucre en poudre
5 œufs à température ambiante
1 cuill. à café d’extrait de vanille liquide
250 g de farine avec levure incorporée
1 cuill. à café de levure chimique
2 cuill. à café de thé « Grand Goût Russe », 499, DAMMANN FRÈRES

Pour le sirop au thé :

25 cl d’eau
200 g de sucre en poudre
1 cuill. à café d’extrait de vanille liquide
2 cuill. à café de thé « Grand Goût Russe », 499, DAMMANN FRÈRES

Pour la chantilly :

25 cl de crème liquide entière
2 cuill. à soupe de sucre en poudre
1 cuill. à café d’extrait de vanille liquide

Confiture de cerises noires



PRÉPARATION :

Préchauffer le four à 160°C. Chemiser deux moules à charnière de 22 cm de diamètre de papier sulfurisé. Réserver.

Dans un saladier battre le beurre pommade avec le sucre jusqu’à ce que le mélange soit mousseux et léger. Ajouter l’extrait de vanille liquide puis les œufs un à un en prenant soin de bien battre après chaque ajout.

Incorporer la farine, la levure puis le thé finement haché à cet appareil. Répartir uniformément la préparation dans les moules. Faire cuire pendant 25/30 minutes. A la sortie du four laisser refroidir 10 minutes puis démouler les gâteaux, les laisser refroidir complètement.

Réaliser le sirop de thé : faire bouillir dans une casserole l’eau, le sucre, la vanille et le thé en sachet. Laisser refroidir.

Réaliser la chantilly : dans un bol bien froid, battre la crème liquide entière avec un batteur électrique, ajouter progressivement les deux cuillères à soupe de sucre puis la vanille. Continuer de battre jusqu’à ce que les fouets laissent une trace dans la crème.


Le montage : mettre une première tranche de génoise sur une assiette, la badigeonner de sirop. Disposer de la crème chantilly puis de la confiture de cerises noires. Disposer la deuxième tranche de génoise, garnir le dessus de crème chantilly puis décorer d’un peu de thé et d’une cuillère à soupe de confiture de cerises.



4/23/2017

Tahaa ombre cake | Gâteau au passion curd et vanille de Tahiti



Il était beaucoup trop tôt ce matin-là, nous étions chiffonnées, comme encore dans nos plumes, comme si le sommeil s’était glissé dans nos valises. Arrivées en gare, nous fûmes soudainement prises d’un regain d’énergie qui très rapidement se dissipa pour laisser place à une léthargie certaine. Je gardais les yeux péniblement ouverts, je ne voulais rien perdre des nouveaux horizons qui s’offraient à moi, comme un cadeau, une carte postale en mouvement.
Je découvrais d’ondoyants paysages, tantôt camards tantôt vallonnés, je découvrais des teintes que seule la nature peut offrir et je devinais que nous arrivions plus au Sud lorsque les ocres et jaunes ambre se mêlent avec harmonie à la pierre cérusée. Je pouvais deviner le parfum des aiguilles de pin, de la brise qui, après avoir frôlé les eaux salées, rasait ensuite les cimes de granit.
La gare tenait dans un mouchoir de poche, sur son parvis nous étions attendues. Nous empruntâmes les grands axes routiers puis progressivement la voiture s’hasarda dans des chemins de fortune, sinueux, suivant les courbes d’un paysage méridional tout en séduction. La vitre ouverte je laissais vaquer mes pensées, comme dispersées entre  iris et laurier sauvage. La robe des coquelicots dansait, ondoyait sous l’effet des brises légères.
La voiture prit un dernier virage et s’arrêta au pied d’une imposante grille, cette dernière nécessitait, pour entrer, d’un tour de main particulier que seuls les hôtes maîtrisent parfaitement, de ces tours de main comme des tours de clé…
Je saisis ma valise et m’en voulu un court instant d’avoir encore une fois chargé cette dernière plus que de raison. J’aperçus la bâtisse, elle émergeait d’entre les arbres, ses murs fissurés étaient parcourus d’une vigne vierge, je m’engageais alors dans l’étroit escalier en pierre. Arrivée sur le perron j’observais le voisinage, je devinais de joyeux cris d’enfants, le bruit d’un plongeon, certainement dans une eau chlorée quelque part entre les murs attenants.
J’entrai dans la maison, la tomette rouge au sol me rappelle celle de chez Paulette, les pièces se succèdent et ne se ressemblent pas, on y lit des souvenirs ici, des allers et venues, des passés, des présents et des futurs. Le plancher est irrégulier et est habillé de tapis, la cuisine offre à l’angle une cheminée en pierre aussi large que haute, son usage a laissé sur les murs des traînées de suie. Au centre, une table de ferme qui saurait accueillir festins et régalades familiales. La porte blanche vitrée s’entrouvre, et se faufile dehors le chat, aussi léger qu’un plumet. Je pousse à mon tour la porte et découvre le jardin, les fleurs qui y sont cultivées avec soin et puis celles dont on ne veut pas, qui s’agrippent aux pierres, qui obligent à la rigueur d’un nettoyage méticuleux. Le soleil tape, je m’assoie sur les marches et tourne ma tête vers le zénith. Il chauffe doucement l’échine, fait jouer ses rayons entre les feuilles. Ces feuilles qui comme de petits pipeaux jouent au passage du mistral en leurs interstices.
Nous énumérions le programme des jours à venir : marche en terres Ouveillanaises, où terre et mer se confondent pour mieux s’embrasser, tour à vélo au gré des chemins tutoyant le Canal du Midi, découverte des vignobles et cépages régionaux, cuisine de marché improvisée… Et le repos, le lâcher prise, comme un lent saut dans l’austral horizon.

Je laissais mon regard se perdre dans le bleu du ciel, j’observais danser les oiseaux et faisais jouer mes doigts au rythme de leurs battements d’ailes, je me disais comme nous étions bien, là à cet instant présent. C’était un rêve éveillé au doux parfum de liberté…




INGRÉDIENTS POUR UN GÂTEAU DE 12 PARTS :

Pour les génoises :

190 g de farine tout usage
190 g de farine avec levure incorporée
1 cuill. à soupe de levure chimique
3/4 de cuill. à café de sel fin
115 g de crème fraîche ( à plus de 35% de mat. grasse)
25 cl de lait
225 g de beurre
400 g de sucre
Les graines d’une gousse de vanille de Tahiti (ici Alain Abel)
2 oeufs + 3 jaunes d'oeufs

Pour la garniture au passion curd à l’huile d’olive

3 œufs
100 g de sucre en poudre
La pulpe mixée et filtrée de 6 fruits de la passion
6 cl d’huile d’olive non filtrée
2 cuill. à soupe de fleur de maïs

Pour le glaçage :

600 g de fromage frais nature
225 g de beurre doux
200 g de sucre glace
2 cuill. à café d'extrait de vanille liquide
Colorants : jaune

PRÉPARATION :

1. Préchauffer le four à 180°C. Beurrer et fariner 3 moules à charnière de 18 cm de diamètre.

2. Tamiser ensemble les ingrédients secs : farines, levure, sel fin, réserver. Mélanger ensemble le lait et la crème fraîche, réserver.

3. Battre le beurre pommade et le sucre ensemble jusqu'à ce que le mélange soit léger et mousseux. Ajouter les graines de vanille puis les oeufs et les jaunes un à un.

4. Incorporer la moitié de la farine puis le lait, terminer par incorporer le restant de farine.

5. Répartir ce mélange à parts égales dans les 3 moules à charnière puis faire cuire 35/40 minutes. Laisser refroidir 15 minutes puis laisser reposer une heure minimum sur une grille.

6. Réaliser le passion curd :
Dans un saladier battre les œufs et le sucre, ajouter la pulpe de passion et la fleur de maïs. Mettre à chauffer sur feu doux pendant 5 minutes jusqu’à ce que l’appareil épaississe. Réserver.

7. Réaliser le glaçage:
Battre ensemble le fromage frais, le beurre pommade, l'extrait de vanille et le sucre glace.
Partager ce glaçage en deux en gardant une part de glaçage blanc plus importante.
Ajouter le colorant jaune à l’une des parts de glaçage.

8. Réaliser le montage :
Sur une tranche de génoise étaler un peu de passion curd.
Recouvrir d'une seconde tranche de génoise, renouveler l'opération et recouvrir de la troisième tranche de génoise. Solidifier les génoises entre-elles en étalant sur les bords un peu de glaçage blanc, mettre au frais 10 minutes.
Recouvrir le dessus du gâteau de glaçage blanc et laisser déborder légèrement sur les bords.
Dans deux poches à douille remplir répartir les glaçages blanc et jaune.
Répartir le glaçage jaune à la base et en remontant, puis renouveler l'opération avec le blanc. Lisser à la spatule. Décorer de quelques fleurs comestibles/non traitées et physalis.