12/03/2017

Christmas layer cake | Et ces petites choses qui font les grands Noëls...




Il était tard, la pénombre enveloppait déjà la maison, elle reposait comme dans un écrin de velours sombre. J'avais choisi de rester au calme, le froid saisissant me décourageant de sortir tard dans la nuit. Le programme télé n'annonçait rien de formidable et de toutes façons j'avais fait une croix sur cet écran depuis belle lurette. Les miens étaient confortablement installés entre plaids et coussins. Le feu de cheminée éclairait la pièce d'une douce lueur et son bois dégageait un agréable parfum de résine et d'épicéa. 
Je rejoignais la cuisine, qui depuis quelques jours était mon antre, mon refuge. C'est toujours le même manège : à la période de Noël j'aime particulièrement pâtisser, les épices, à elles seules, donnent un air de fête aux jours plus courts. Je disposais chaque ingrédients sur la table : farine, poudre de noisette, oeufs, cranberries, cardamome et orange... Il y avait un côté rassurant dans cette habitude de contempler leur texture, leur forme, d'humer leur parfum. 
Je commençais alors la recette. J'observais les masses s'amalgamer. Je mettais un soin tout particulier à hacher les cramberries et les incorporer ensuite au mélange. Je plongeais mon doigts dans la pâte et étudiais savamment sa densité, son goût. C'est au moment d'incorporer le zeste d'orange que la magie a opérée : il y avait dans cette pièce blanche, au carrelage résolument froid, une atmosphère toute particulière. Noël était ici.
Je me souvins des dimanches avant le réveillon, comme j'aimais me lover tel un chat, dans le fauteuil jaune, boire un thé et me perdre dans de joyeuses rêveries. 
Plus que Noël, j'appréciais particulièrement les rituels qui précédaient les festivités. J'aimais que la fête commence au 1er décembre, que chaque jour brille à sa façon. Un chant, une clémentine, la brume de décembre, le calendrier de l'Avent, les chaussettes sur la cheminée, autant de petites choses qui rendaient le final plus majestueux encore.
Je pouvais encore sentir, au creux du ventre, l'appréhension du 24 décembre. ce grand soir de fête qui se tenait à la Pommeraie. J'avais toujours une jolie tenue pour l'occasion. Je mettais un soin tout particulier à nouer mes cheveux et appliquer un peu de baume à lèvres rose. Puis je découvrais la crèche pensée, fabriquée, peinte par mon grand-père. La délicatesse avec laquelle, chaque fin d'année, les sentons regagnaient leur place. Le meunier près du moulin, la lavandière près du cours d'eau, Marie et Joseph dans leur étable en petit bois. La table était joliment dressée : une nappe brodée, des chandeliers en argent, des assiettes de porcelaine blanche au liseré doré et le punch de Noël, aussi épicé qu'acidulé. Les plus petits se glissaient sous la table, quand oncles et tantes ne prêtaient plus attention et s'amusaient à terminer les fonds de verres. Il fallait entendre minuit pour déballer notre cadeau. Et toujours nous privilégions les petits aux grands, qui déjà s'étaient montrés patients. Une léthargie certaine les enveloppait déjà quand nous leur annoncions qu'il était temps de chercher l'étiquette à leur prénom.
Je me rappelle, le 25 décembre au matin quand "Petit Papa Noël" résonnait dans toute la maison. L'immense sapin au centre du salon et les paquets à son pied. Je me souviens d'une gamine encore dans son sommeil, les cheveux en bataille et dans ses yeux le reflets des ornements.
Je prenais conscience, au fil des ans, combien mes parents s'étaient donné du mal pour nous gâter. Je réalise, adulte, combien toujours nous avons été leur priorité quand me vient en mémoire l'application avec laquelle ils préparaient cette journée aussi féerique qu'authentique.
Noël était ainsi, une succession de rites et coutumes, de petites attentions ça et là, de magie comme insufflée autour de nous. Une alchimie familiale, une bonne vieille recette du bonheur qu'il était important de perpétrer. 


Alors vous trouverez ici une recette de layer cake aux parfums de Noël mais pas seulement... Vous découvrirez également et surtout de jolis produits qui m'accompagnent depuis peu ou depuis toujours en cette période festive. Des maisons qui ont su me faire confiance et avec lesquelles je partage les mêmes valeurs : authenticité, savoir-faire, raffinement et poésie. 
Mais surtout, lorsqu'elles sont invitées à l'heure du thé de Noël, elles laissent s'exprimer toute leur créativité et délicatesse. C'est ainsi que je les introduits ici.
En plus du Christmas Layer Cake, j'étais heureuse de leur laisser la place de briller en ce samedi 2 décembre. 




La bougie "Thé de Noël" - COLLINES DE PROVENCE 
J'ai découvert cette jolie marque lors de mes pérégrinations aux Pépinières de Bavent. Les Pépinières de Bavent ont pour habitude de présenter un village de Noël chaque fin d'année. Véritable lieu de féerie pour les petits comme pour les grands, on y trouve boules de Noël, sapins, mignardises, guirlandes lumineuses, pain d'épices, chocolats, sujets de Noël par milliers !
Et puis Collines de Provence... 
Colline de Provence est avant tout une marque dite "du terroir". Elle puise son inspiration dans la richesse que présente la nature provençale. Pays de couleurs et de soleil, on y trouve une flore généreuse : iris sauvage, figue fraîche, immortelle, romarin... Flore qui n'a pas échappé aux parfumeurs botanistes de la marque. 
La maison se distingue par une démarche éthique : c'est une équipe de plus de 35 personnes qui œuvre pour proposer des produits de qualité. Véritable écosystème qui vit par et pour les parfums de la nature : fournisseurs de matières premières, artisans, verriers, fabricants de tissus et bien d’autres métiers !
Il se dégage de leurs produits un savoir-faire indéniable et une passion probante ! Pas d'artifices ici, que du vrai et du beau. Pour une adepte de la région provençale, autant vous dire que je ne pouvais imaginer une table de Noël sans la magie qui opère en leurs murs. 
La bougie "Thé de Noël" présente les senteurs traditionnelles d'un thé qui se veut festif : une fragrance épicée de thé noir Ceylan vanillée et d'orange. Elle se présente dans un pot en verre et reste protégée par une opercule en céramique blanche. Ses teintes rouges et dorées sauront donner un air de fête à la maison !

Pour en savoir plus n'hésitez pas à consulter leur site internet : https://www.collinesdeprovence.com/
Et si jamais vous êtes séduit(e)s par la bougie "Thé de Noël", c'est par ICI !






Les thés "Le thé des Gourmets" & "N°25" - PALAIS DES THÉS

Palais des Thés et moi c'est une grande histoire, un mariage d'amour et des sens ! Lorsque je suis arrivée sur Paris il y a 10 ans, je ne n'aventurais guère... J'étais un peu frileuse, la crainte de me perdre dans ses immenses artères. Je n'avais pas l'habitude du si grand. En quête de thé cependant, j'avais trouvé une petite boutique fort sympathique, dans un quartier qui se voulait tout aussi agréable : Le Palais des Thés rue Vieille du Temple. J'avais alors été séduite par le Thé des Lords et le Montagne Bleue, qui depuis m'accompagnent.
Les années ont passé et puis je suis revenue dans ma région d'origine : La Normandie. Quelle fut ma surprise lorsque j'ai découvert que Palais des Thés s'installait à Caen ! Et plus encore à la période de Noël. L'occasion donc de découvrir leurs exclusivités. 
La maison, pour Noël, a décliné en 5 variétés son emblématique "N°25". 
Mon choix s'est porté sur le thé noir N°25, mélange gourmand de vanille, d’amandes, de cannelle, de gingembre, d’orange et de citron, s’associant dans une belle harmonie aux notes vives et piquantes d’un thé noir du Sri Lanka. Un cocktail chaleureux et réconfortant pour Noël et l'hiver durant. 

La véritable exclusivité reste cependant le "Thé des Gourmets", édité en série limitée pour Noël. Avec ses éclats généreux d’amandes, ses notes acidulées de cerise et ses morceaux de cranberry, le Thé des Gourmets se présente comme une véritable gourmandise qui saurait régaler vos convives à toute heure de la journée ! J'aime le prendre au petit-déjeuner, et l'accompagner de tartines de pain grillées à la confiture d'abricot. Mais je ne saurais vous cacher que le Christmas Layer Cake s'en trouve magnifié lorsqu'il est accompagné du Thé des Gourmets...

Vous désirez en savoir plus sur Palais des Thés, visitez le site internet de la marque : https://www.palaisdesthes.com/fr/
Pour vous régaler du Thé Noir N°25 et du Thé des Gourmets c'est ICI !






Les "Perles de Noël Or" et les "Macarons Saint Sylvestre" aux épices - DANIEL MERCIER

Daniel Mercier est un des souvenirs de Paris les plus présents que j'ai à l'esprit. En effet, j'ai découvert ce chocolatier & créateur lors d'une dernière ballade à La Grande Épicerie de Paris. Les rayons se remplissaient de gourmandises toutes plus magiques les unes que les autres. Mais mon attention s'est portée sur ces petites perles et ces macarons. Je les trouvais à la fois élégants, raffinés et ludiques ! Je m'imaginais en reine de Noël, ces perles de chocolat autour du cou et deux macarons aux épices en guise de boucles d'oreilles. "On ne joue pas avec la nourriture" me disait la petite voix dans ma tête... Rho! Oui mais qu'est ce si on ne peut s'amuser des codes et des conventions ?! 
Surtout que Daniel Mercier est une personne formidable en matière de jeu. Connaissez-vous ses déclinaisons en chocolat des Petits Chevaux ou encore du Poker ?! Comme quoi, il est encore possible de tordre leur cou aux idées reçues !
Et cela n'empêche tout le sérieux et le savoir-faire qui se cachent derrière celui qui s'amuse. 
Les ateliers de Daniel Mercier sont installés dans le Berry, région qui a vu grandir le chocolatier. Il tient sa passion de son père qui l'a tenait de son grand-père. C'est à 14 ans, la veille de Pâques, que Daniel se découvre une véritable prédisposition pour le métier, en réalisant en l'espace de quelques heures une profusion de chocolat. Il est intrigué par cette matière noble qui se transforme à l'infini. Depuis, l'homme a fait du chocolat un art. 
Plus que le chocolat, Daniel Mercier décide également d'en travailler et d'en produire la matière première : la fève de cacao. Il a un rêve : disposer de ses propres plantations. C'est désormais choses faites : au Mexique et à Vanuatu.
Vous comprendrez alors mon coup de foudre puis mon attachement pour ce chocolatier : tradition, savoir-faire, souvenirs, curiosité, passion se croisent et s'entrecroisent pour donner à découvrir et déguster de formidables produits.

Vous trouverez présentés ici ses délicieux macarons pain d'épices "Saint-Sylvestre" et les "Perles de Noël Or".
Les macarons sont moelleux, épicés justement et surtout - détail qui saurait faire toute la différence - confectionnés au miel de Sologne.
Les perles croquantes sont au chocolat blanc et dorées à la poudre d'or. C'est de l'orfèvrerie, véritablement ! Si belles et délicates qu'on hésiterait à les manger... 

Vous souhaitez connaître Daniel Mercier et son travail : https://www.daniel-mercier.com/
Vous souhaitez décorer votre table de gourmandises, c'est par ICI



 
RECETTE DU CHRISTMAS LAYER CAKE

INGRÉDIENTS POUR UN GÂTEAU DE 12 PARTS :

Pour les génoises :

320 g de farine
330 g de sucre
60 g de poudre de noisettes
1 cuill. à soupe de levure chimique
Une pincée de cardamome moulue
1/2 cuill. à café de sel fin
3 oeufs
200 g de beurre pommade
20 cl de lait entier
140 g de cramberries séchées et hachées
1 cuill. à soupe d'extrait de vanille liquide
Le zeste d'une orange

Pour le glaçage :

600 g de fromage frais
150 g de beurre doux pommade
250 g de sucre glace
Le jus d'une orange
1 cuill. à café d'extrait de vanille liquide

Pour la garniture :

Sauce aux cramberries

PRÉPARATION :

1. Préchauffer le four à 180°C. Tapisser 3 moules à charnière de 18 cm de diamètre de papier sulfurisé. Réserver.

2. Dans un saladier, battre le beurre pommade avec le sucre pendant 2 minutes. Ajouter l'extrait de vanille liquide. Incorporer les oeufs un à un. 

3. Dans un autre récipient, tamiser ensemble la farine, la noisette en poudre, la levure, la cardamome et le sel fin. Incorporer une partie de cette farine tamisée au mélange beurre/sucre. Ajouter le lait et le zeste d'orange, terminer par le reste de farine. Incorporer les cramberries séchées.

4. Répartir uniformément ce mélange dans les 3 moules et faire cuire 30 à 35 minutes. A la sortie du four laisser refroidir.

5. Pour le glaçage : battre ensemble le fromage frais, le beurre, le sucre, la vanille et le jus d'orange jusqu'à obtention d'une crème bien ferme.

6. Montage du gâteau : disposer une tranche de génoise sur une assiette de service. A l'aide d'une poche à douille répartir sur ses pourtours un partie du glaçage, au centre, laissé libre, disposer un peu de sauce aux cramberries.
Renouveler l'opération avec la deuxième génoise. Déposer la troisième génoise sur le dessus, puis terminer d'appliquer le glaçage sur le dessus et les pourtours du gâteau à l'aide d'une spatule. Décorer de quelques cramberries glacées.



12/01/2017

Cardamom kanelbullar | Brioches suédoises à la cardamome



En préparant ces brioches suédoises j'ai beaucoup pensé au bel ouvrage qu'est "Un goût de cannelle et d'espoir" de Sarah McCoy. 
L'histoire se déroule en Allemagne en 1944, où malgré les restrictions, les pâtisseries fument à la boulangerie Schmidt. La jeune protagoniste Elsie, 16 ans, vit de cannelle et d'insouciance alors même que le pays est en guerre. Soixante ans plus tard, au Texas, Reba Adams passe devant la vitrine d'une pâtisserie Allemande, celle d'Elsie... 
Au travers des lignes relatant la dure réalité d'un pays en proie au conflit, la magie de la pâtisserie opère. Les parfums d'épices, de beurre et de levain, se dégagent des pages de cette jolie leçon de vie.
J'avais envie de partager avec vous un extrait.

" Reba examina les miches dorées rangées dans des paniers sur les étagères ouvertes : Roggenbrot (pain de seigle), Bauernbrot (pain de campagne), Doppelback (deux fois cuit), Simonsbrot (pain complet), forêts-noires, pains aux oignons, bretzels, roulés au pavot, Brötchen (petits pains blancs). Derrière une vitre, elle vit des rangées de gâteaux avec sous chacun son étiquette : tarte au massepain, amaretti, trois sortes différentes de Kuchen (noix, fromage et cerise, cannelle et beurre), barres aux amandes et miel, strudel, Christstollen, Quittenspeck à l’orange (pâte de coing), pâtisseries danoises au fromage blanc et Lebkuchen (pain d’épice). Un papier sur la caisse indiquait : « Gâteaux de fête sur commande. »
Reba sentit une nouvelle fois son estomac gargouiller. Elle détourna le regard pour se concentrer sur les grandes tiges d’aneth à côté de la caisse. Tu n’as pas le droit, tu n’as pas le droit, se répéta-t-elle. Elle plongea la main dans sa poche pour en sortir une pastille aux fruits qu’elle mit aussitôt dans sa bouche. Elle avait un goût de bonbon et apportait la même satisfaction."

"Un goût de cannelle et d'espoir", Sarah McCoy





INGRÉDIENTS POUR  UNE 12 DE BRIOCHES :

Pour la pâte à brioche :

24 cl de lait entier
1 1/2 sachet de levure de boulanger
420 g de farine
75 g de sucre muscovado
1/4 cuill. à café de cardamome
1/4 cuill. à café de sel fin
85 g de beurre fondu

Pour la garniture :

70 g de beurre doux
75 g de sucre muscovado
1 1/2 cuill. à café de cardamome
1 cuill. à café d'extrait de vanille liquide
1 pincée de sel de Guérande

Pour le sirop :

6 cl d'eau
60 g de sucre en poudre
1/2 cuill à café d'extrait de vanille liquide
1/2 cuill. à café de cardamome fraîche hachée

PRÉPARATION :

1. Dans un saladier mélanger la levure et le lait tiède, laisser agir pendant 10 minutes. Pendant ce temps tamiser ensemble la farine, le sucre, la cardamome et le sel fin. Faire un puits au centre ajouter le lait et le beurre mou. Mélanger puis pétrir pendant 4 minutes jusqu'à obtention d'une boule bien souple et élastique. Mettre cette boule de pâte dans un saladier propre, couvrir d'un linge et laisser doubler de volume dans un endroit chaud pendant une heure.

2. Pendant ce temps préparer la garniture et le sirop de sucre.
Pour la garniture, travailler le beurre en pommade puis ajouter le sucre et les épices. Réserver.
Pour le sirop, faire chauffer le sucre, l'eau, les épices ensemble, Attendre le stade de l'ébullition puis une fois ce stade atteint, laisser cuire 5 minutes. Réserver.

3. Abaisser la pâte en un rectangle d'environ 25 cm x 30 cm. Étaler la garniture uniformément en laissant 1 cm libre sur chaque tranche. Plier cette pâte en portefeuille (en trois). Abaisser de nouveau puis découper des bandes de 1,5 cm de large environ. Enrouler chacune d'entre elles autour de l'index et du majeur, saisir une extrémité et la passer dans l'intérieur de petit lassos de pâte, ainsi est obtenu un noeud. Faire monter 45 minutes dans un endroits chaud.
Préchauffer le four à 210 °C, disposer les brioches sur une plaque recouverte de papier sulfurisé et faire cuire 8 à 10 minutes. A la sortie du four, étaler le sirop uniformément sur chaque brioche puis parsemer de cardamome fraîchement moulue.



11/26/2017

Christmas millionaire's shortbread


J'ai remarqué les petits chalets en bois, les guirlandes lumineuses et les branches d'épicéa, habiller les rues pavées. J'ai senti l'odeur du vin chaud où cannelle et orange se mélangent. J'ai aperçu les villages enneigés, tout de papier, décorer les vitrines des grands magasins. J'ai aussi entendu le chant, le chant de Noël...

Extrait de "Contes de Noël" 
Charles Dickens

" Je ne sais pas ce que je fais ! s’écria Scrooge, pleurant et riant à la fois, et se transformant en un véritable Laocoon avec ses bas pour serpents. Je suis léger comme une plume, je suis heureux comme un ange, je suis joyeux comme un écolier. Je titube comme un homme ivre. Joyeux Noël à tous ! Bonne Année au monde entier ! Holà ! Hé ! Ho ! Holà ! "
Il avait gambadé jusque dans le salon et s’y tenait maintenant, complètement hors d’haleine.
[…]
Vraiment, pour un homme qui ne s’y était pas exercé depuis tant d’années, il avait un rire splendide, un rire absolument magnifique. Le père d’une longue lignée de rires éclatants ! 
" Je ne sais pas quel jour du mois nous sommes, poursuivit Scrooge. Je ne sais pas combien de temps je suis resté avec les Esprits. Je ne sais rien. Je n’en sais pas plus qu’un bébé. Peu importe. Ça m’est égal. Je préfère être un bébé. Holà ! Hop ! Holà ! "
Il fut interrompu dans ses transports par les cloches des églises qui se mirent à sonner les carillons les plus vigoureux qu’il eût jamais entendus. Digue, dingue, don ! Digue, dingue, don ! Drelin, drelin, drelin… Oh, merveille, merveille !
Courant à la fenêtre, il l’ouvrit et sortit la tête : ni brouillard, ni brume ; un froid sec, clair, joyeux, vivifiant, un de ces froids qui jouent du pipeau pour faire danser le sang dans les veines ; un soleil doré ; un ciel divin ; un air frais et doux ; des cloches pleines d’allégresse ! Merveille, merveille ! "Quel jour sommes-nous ? cria Scrooge de sa fenêtre à un petit garçon en habits du dimanche qui était sans doute entré en flânant dans la cour pour voir de quoi elle avait l’air.

- Quoi ? répondit l’enfant aussi ébahi qu’on peut l’être.

- Quel jour sommes-nous, mon beau petit gars ?

- Aujourd’hui ? répliqua l’enfant, mais c’est Noël ! " 



 
INGRÉDIENTS POUR 24 PIÈCES :

Pour le sablé :

225 g de beurre pommade
55 g de sucre muscovado
45 g de miel
1 oeuf
1 cuill. à café de cannelle en poudre
2 cuill. à café d'épices à pain d'épices
1/2 cuill. à café de sel fin
320 g de farine

Pour le caramel :

450 g de lait concentré sucré
115 g de beurre doux
2 cuill. à café rase de miel
1/2 cuill. à café de sel fin

Pour la couverture :

300 g de chocolat noir
5 cl de lait

PRÉPARATION : 

1. Préchauffer le four à 180°C. Garnir un moule rectangulaire de papier sulfurisé.

2. Battre ensemble le beurre pommade, le miel et le sucre muscovado jusqu'à que ce le mélange soit aérien.

3. Ajouter l'oeuf et les épices. Puis incorporer la farine tamisée au sel fin.

4. Étaler uniformément cette pâte dans le moule rectangulaire et faire cuire 15 à 18 minutes. A la sortie du four, laisser refroidir.

5. Préparer le caramel : dans une casserole faire chauffer doucement le lait concentré sucré, le beurre, le miel et le sel fin. La préparation va progressivement se détacher des parois de la casserole et prendre un couleur caramel. Arrêter la cuisson et verser cette préparation sur le sablé.

6. Réaliser la couverture : faire fondre au bain-marie le chocolat et le lait. Étaler cette pâte uniformément sur le biscuit au caramel. Laisser prendre minimum deux heures au réfrigérateur.




11/12/2017

Pumpkin ginger snaps | Cookies moelleux au potimarron et gingembre


 
 
Il suffit parfois d'un thé chaud, de quelques biscuits épicés et d'un plaid pour transformer un après-midi d'automne en un tableau des merveilles à contempler, goûter, dévorer...
 
Rose d'Automne
Nérée Beauchemin

Aux branches que l’air rouille et que le gel mordore,
Comme par un prodige inouï du soleil,
Avec plus de langueur et plus de charme encore,
Les roses du parterre ouvrent leur coeur vermeil.

Dans sa corbeille d’or, août cueillit les dernières :
Les pétales de pourpre ont jonché le gazon.
Mais voici que, soudain, les touffes printanières
Embaument les matins de l’arrière-saison.

Les bosquets sont ravis, le ciel même s’étonne
De voir, sur le rosier qui ne veut pas mourir,
Malgré le vent, la pluie et le givre d’automne,
Les boutons, tout gonflés d’un sang rouge, fleurir.

En ces fleurs que le soir mélancolique étale,
C’est l’âme des printemps fanés qui, pour un jour,
Remonte, et de corolle en corolle s’exhale,
Comme soupirs de rêve et sourires d’amour.

Tardives floraisons du jardin qui décline,
Vous avez la douceur exquise et le parfum
Des anciens souvenirs, si doux, malgré l’épine
De l’illusion morte et du bonheur défunt.







INGRÉDIENTS POUR 36 BISCUITS :

 115 g de beurre doux
200 g de sucre en poudre
200 g de purée de potimarron
6 cl de miel
1 oeuf
1 cuill. à café d'extrait de vanille
300 g de farine
2 cuill. à café de bicarbonate alimentaire
2 cuill. à café de cannelle en poudre
1 1/2 cuill. à café de gingembre
1/2 cuill. à café de sel fin

PRÉPARATION :

1. Dans un saladier, battre le beurre pommade et le sucre en poudre jusqu'à obtention d'un mélange crémeux.

2. Ajouter la vanille, l'oeuf et la purée de potimarron et mélanger à l'aide d'une cuillère en bois.

3. Dans un récipient, tamiser la farine, le bicarbonate, le sel fin et les épices.

4. Incorporer à la farine le mélange à base potimarron. Former une boule de pâte. (Ajouter un peu de farine si cette dernière reste collante. Point trop cependant, les cookies seraient trop secs et doivent rester moelleux).

5. Envelopper la pâte dans un film et laisser reposer une heure au réfrigérateur.

6. Une fois cette heure passée, préchauffer le four à 180°C. Prélever un peu de pâte et la rouler entre les mains de façon à obtenir une boule. Rouler cette dernière dans un mélange de sucre en poudre et épices la poser sur une plaque de cuisson recouverte de papier sulfurisé. Renouveler l'opération. Faire cuire 10 à 12 minutes. A la sortie dur four laisser refroidir sur une grille.








11/07/2017

Butternut and Christmas spices bundt cake | Bundt cake au potimarron et épices de Noël


La maison est rue de la Vieille Église, protégée des regards indiscrets. Les années défilent et des constructions modernes la bordent désormais de toute part. Ses arbres centenaires, tels des remparts, l'isolent du temps qui passe, c'est une résistante, une invincible gauloise dans son écrin de verdure.
On accède au jardin par un portail de bois blanc, portail sur lequel je montais péniblement alors âgée de six ans et que je laissais s'ouvrir sous l'effet de la pente douce, c'était mon manège à moi. Les graviers épousent la pelouse entretenue avec soin et dessinent les chemins des Nord et Sud. Les parterres bordant l'éternel muret de pierre blanche, sont fleuris de roses, de tulipes, de pensées ou encore d'amour. La pierre est colonisée par l'alysse à la douce odeur de miel quand ses bourgeons viennent à éclore. 
Je m'y suis assise ici, je m'y suis racontée des histoires : tantôt princesse, tantôt aventurière. Et puis la terrasse de dalles grises qui, lorsqu'on suit les courbes de la maison, amène au bassin, tout en arrondi. Je me vois encore descendre les marches du perron pour me précipiter sous les cerisiers dont les branches pliaient sous le poids des fruits. Le mois de juin c'était la course aux oiseaux, les empêcher de cueillir cette chair rouge et sucrée pour s'en régaler ou égayer mon teint de friandes boucles d'oreilles. Le potager, désormais transformé en un joli massif, débordait de pommes de terre, de poireaux ou encore de carottes. Je longeais toujours la pierre comme fil conducteur d'une promenade gourmande. Poiriers, pommiers, groseilliers louvoyaient une serre dans laquelle tomates, rhubarbe et fraises déployaient leurs parfums. 
Une fois mes escapades terminées je remontais à vive allure vers la maison, dans laquelle j'entrais rapportant avec mois quelques feuilles de laurier dont j'affectionnais particulièrement la senteur. "C'est drôle comme elles ont l'odeur d'un plat d'hiver, d'un plat réconfortant..." me disais-je.
Je filais alors dans la cuisine où, très souvent une teurgoule attendait patiemment, dans le four, de voir sa surface brunir puis se craqueler légèrement. 
Mamie, assise dans le petit salon de velours vert olive regardait les jeux télévisés, j'admirais sa vivacité d'esprit, sa faculté pour donner la réponse avant même que l'animateur ait terminé de poser sa question. Aujourd'hui encore, il me démange de l'inscrire... 
Bon Papa, était dans son atelier, une véritable cabane perchée. On le devinait aux grands airs de classiques s'en échappant. Wagner, Bach, Ravel, Mozart, étaient alors tous conviés pour le thé. Je montais discrètement les marches et je l'épiais : penché sur sa toile, son vieux mégot suspendu à la commissure des lèvres, il exécutait de petits gestes précis au pinceau. L'acrylique rose poudré pour l'arrondi d'un sein, un rouge plus soutenu pour une lèvre charnue, un noir mêlé au brun pour le reflet d'une mèche de cheveux. C'était son truc, représenter la femme dans toute sa nudité, lui donner forme et délicatesse à l'aide de la martre. Un port altier, une élégante cambrure de reins, un collier de perles et parfois une robe légère où joue la transparence, caractérisent ces dames imaginaires. Danseuse espagnole, bohémienne, fille des champs, amante ou encore romantique habillent les murs de la maison. C'est une ode à la féminité et au charnel en costume de grâce. J'aimais sentir cette odeur de pigments mélangés à la résine, savoir que les couleurs dansaient sur des fibres de coton.
Une fois ma mission secrète achevée, je retournais au salon, m'asseyais en tailleur et je plongeais mon bras dans le bocal à friandises. La nuit tombait, baignant la Pommeraie dans un clair-obscur. Je devinais, par la fenêtre, l'ombre des fleurs quand l'été régnait, et le boléro des flammes d'un feu de cheminée quand l'hiver s'installait. 
J'entends encore le parquet craquer, la chouette hululer et les ailes des papillons s'agiter. J'ai à l'oreille le tintement de la cuillère plongée dans une soupe à la tomate ou encore le fracas des heures qui passent et que la vieille horloge se charge de sonner. J'ai l'odeur du risotto qui laisse mes sens en éveil. Sous mes pieds nus, je sens la pierre froide et polie des marches menant au grenier. Je respire le parfum du bois et de la terre battue dans la cave au sous-sol, mêlée aux volutes de lessive. 
J'ai soudainement à l'esprit, une carte postale de Noël. Les santons sur le buffet, le sapin près de la bonnetière et le vestibule où résonne les rires des enfants, des frères, des soeurs, des cousins et des cousines. Les verres de whisky qui s'entrechoquent, la chaleur des pièces, la fatigue qui lentement s'empare de nous tous.
Je perçois le bruit sourd des conversations autour d'une table de bridge s'élevant jusque dans la petite chambre et  me berçant quand vient l'heure de dormir.
Et je ne sais alors plus si c'est un souvenir ou un rêve, mais je le garde au chaud, là, contre mon coeur.



INGRÉDIENTS POUR UN GÂTEAU DE 12 PARTS :

250 g de sucre
70 g de sucre muscovado
20 cl d'huile d'olive
Le jus d'une orange + le zeste
4 oeufs
400 g de purée de potimarron
390 g de farine
1 cuill. à café de sel
1 cuill. à café bicarbonate alimentaire
2 cuill. à café de cinq épices

Glaçage :

125 g de fromage frais
125 g de sucre glace
1 cuill. à café de vanille liquide
Le jus d'une orange

PRÉPARATION :

1. Préchauffer le four à 180°C, beurrer et fariner un moule à bundt cake (ou savarin).

2. Dans un récipient mélanger au fouet le sucre et l'huile d'olive. Ajouter les oeufs un à un en battant bien après chaque ajout. Incorporer le jus de l'orange. Ajouter la purée de potimarron. Réserver.

3. Dans un saladier, tamiser la farine, le sel, le bicarbonate alimentaire les épices et le zeste d'orange.

4. Incorporer le mélange de farine à la préparation au potimarron. Verser dans le moule et faire cuire pendant 50 à 55 minutes. Vérifier la cuisson à l'aide d'un pic en bois qui doit ressortir propre et sec du gâteau en fin de cuisson. Laisser refroidir.

5. Préparer le glaçage : battre le fromage frais, le jus d'orange et le sucre glace. Répartir ce glaçage sur l'ensemble du gâteau. Mettre au frais une heure.